Entrepreneurs, le dépôt de bilan est souvent perçu comme un échec personnel.

Cette perception est profondément ancrée dans la culture entrepreneuriale et dans la société française qui a puni pendant des années le « failli ».

Pourtant, il est essentiel de rappeler une chose simple : déposer le bilan n’est pas dramatique en soi. Ce qui peut devenir dramatique, en revanche, c’est de le faire trop tard. Dans la pratique, le dépôt de bilan correspond juridiquement à une déclaration de cessation des paiements. Cela signifie simplement que l’actif disponible de l’entreprise (la trésorerie immédiatement mobilisable) ne permet plus de faire face aux dettes exigibles.

Autrement dit, l’entreprise ne peut plus payer ce qui doit être payé immédiatement : fournisseurs, salaires, charges sociales, fiscales ou échéances bancaires.

La loi impose au dirigeant de déclarer cette situation dans un délai maximum de 45 jours. Cette obligation n’est pas seulement une règle juridique : c’est surtout une protection pour l’entreprise et pour le dirigeant lui-même.

Plus la déclaration est faite tôt, plus il existe de chances d’envisager des solutions. Le tribunal de commerce peut alors ouvrir une procédure de redressement judiciaire, permettant d’organiser la poursuite de l’activité, le gel temporaire des dettes, le maintien de l’emploi et la négociation du passif.

Dans certains cas, cette procédure peut aboutir à un plan de continuation, qui donne à l’entreprise plusieurs années pour se redresser.

Le véritable danger apparaît lorsque le dirigeant, par peur ou par culpabilité, attend trop longtemps. L’épuisement financier s’accompagne alors souvent d’un épuisement personnel.C’est ce que certains appellent l’enchaînement des « 4 D » :

🔹Dépôt de bilan,

🔹Dépression,

🔹Divorce,

et parfois,

🔹Décès par suicide.

Ce n’est pas la procédure elle-même qui provoque cette spirale, mais le fait d’avoir porté seul, trop longtemps, une situation devenue ingérable.

Pour éviter cet engrenage, l’essentiel est d’agir tôt. Dès les premières tensions de trésorerie, il est possible d’engager une démarche amiable, comme un mandat ad hoc ou une conciliation,afin de négocier avec les créanciers et retrouver de l’oxygène. Et si l’entreprise se trouve effectivement en cessation des paiements, la meilleure décision reste souvent de déclarer la situation rapidement, afin de bénéficier de l’accompagnement du tribunal de commerce et des outils de redressement prévus par la loi.

Un dirigeant ne doit jamais rester seul face à ces difficultés.

Des structures d’entraide existent pour écouter, conseiller et orienter les entrepreneurs.

L’association Re-créer, notamment, se tient aux côtés des dirigeants dès les premières difficultés, pour leur rappeler qu’une entreprise peut connaître des épreuves… et qu’un entrepreneur peut toujours rebondir.

Re-créer reste à votre écoute

et aussi L’Observatoire AMAROK

Par Claude Tran THIET